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Origines du projet

Aucune étude d'envergure portant sur le développement et la socialisation des enfants depuis leur naissance n'avait jamais été lancée en France. Les jeunes enfants se montrent pourtant particulièrement sensibles aux conditions de leur environnement. Certains de leurs organes ne sont pas encore matures, leur croissance est rapide, leur système immunitaire n’a pas achevé sa formation. Moins à même de se défendre qu’un adulte, l’enfant peut donc garder les traces de certains épisodes passés (un manque d’apports nutritionnels, l’absorption de substances contenues dans un jouet…) et développer, des années plus tard, certaines affections. D’un point de vue social et culturel, l’enfance et l’adolescence constituent également des périodes clés pour tout individu. Selon le sexe de l’enfant, son rang dans la fratrie, la composition de la famille, le milieu social dans lequel il vit, ses conditions matérielles d’existence, il connaît dès les premiers mois et les premières années des expériences différentes de la vie sociale. Il se forge des manières particulières de réagir à son environnement et se montre plus ou moins disponible pour les apprentissages. Son comportement en société se précise. Sa capacité à entrer en relation avec l’autre et à tisser des liens dépend grandement de ses toutes premières expériences affectives et sociales – avec ses parents, à la crèche, à l’école… Alors que, dans de nombreux pays étrangers, les chercheurs organisent dès les années 50 les premiers suivis longitudinaux – c’est-à-dire dans le temps – de différentes populations, la France accuse dans ce domaine un réel retard. A une époque où l’environnement se modifie à grande vitesse, créant de nouvelles conditions de vie, causant de profondes transformations au sein de la société, il devient essentiel de lancer une vaste étude sur la jeunesse française.

La naissance d’Elfe

Deux projets voient ainsi le jour. Le premier se développe à l'initiative du démographe Henri Leridon, alors directeur d'une unité mixte de recherche Ined-Inserm. Maintenant directeur de recherche émérite à l’Ined (Institut national d’études démographiques), cet ancien professeur associé au Collège de France entend proposer une approche pluridisciplinaire, permettant d’analyser divers aspects de la vie de l’enfant. Parallèlement, l’InVS (Institut de veille sanitaire) se voit chargé de mener une étude sur l’environnement et la santé de l’enfant dans le cadre du Plan national santé environnement élaboré en 2004 sous l’autorité des ministres de la Recherche, de la Santé, du Développement durable et du Travail. Destinée à faire le point sur les conséquences sanitaires de l’exposition des enfants à certaines pollutions, cette enquête est confiée à Georges Salines, responsable du département Santé-environnement, puis coordonnée par Stéphanie Vandentorren.

Deux projets pour un même objectif : aider les enfants d'aujourd'hui à grandir le mieux possible. Leur rapprochement paraît non seulement naturel mais également profitable aux différentes équipes. En juin 2005, ils fusionnent pour donner naissance à Elfe. Une même étude couvrira ainsi les champs de la santé, de l'environnement et des sciences sociales. Pour la mener à bien, l'objectif de suivre près de 20 000 enfants – soit 1/40e des naissances françaises en 2011 – est fixé.

Onze partenaires participent aujourd'hui à l'enquête Elfe. Un Groupement d'intérêt scientifique (GIS), dirigé par Henri Leridon, les rassemble dès 2006. Répondant à l'appel du GIS, plus de soixante équipes de recherche appartenant aux universités, aux établissements publics de recherche et aux agences de santé rejoignent le projet. Quatre ans plus tard, l'Établissement Français du Sang (EFS) devient partenaire de l'aventure et une unité mixte Ined-Inserm-EFS remplace la structure du GIS. Marie-Aline Charles, médecin épidémiologiste et directrice de recherche à l'Inserm, prend la direction du projet et Henri Leridon est désormais conseiller scientifique, chargé des relations internationales sur le projet.

Elfe a reçu le soutien du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, et du ministère de la Culture et de la Communication.

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